| 1. Work |
Sagesse pour chant et piano, poèmes de Paul Verlaine, op. 34
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| 2. Composition |
1908 |
| 3. Dedication |
Rodoiphe Plamondon ( Tournemire's friend ) |
| 4. Edition |
J. Janin, Lyon, 1921 |
| 5. Premire |
By Rodoiphe Plamondon and composer, 9 January, 1909
Salle Erard, Paris ( Société Nationale de Musique )
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| 6. Text |
Sagesse ( II, 4 )
I
Mon Dieu m'a dit : Mon fils, il faut m'aimer. Tu vois
Mon flanc percé, mon coeur qui rayonne et qui saigne,
Et mes pieds offensés que Madeleine baigne
De larmes, et mes bras douloureux sous le poids
De tes péchés, et mes ,ains ! Et tu vois la croix,
Tu vois les clous, le fiel, l'éponge, et tout t'enseigne
A n'aimer, en ce monde amer où la chair régne,
Que ma Chair et mon Sang, ma parole et ma voix.
Ne t'ai-je pas aimé jusqu'à la mort moi-même,
O mon frére en mon Pére, ô mon fils en l'Esprit,
Et n'ai-je pas souffert, comme c'était écrit ?
N'ai-je pas sangloté ton angoisse suprême
Et n'ai-je pas sué la sueur de tes nuits,
Lamentable ami qui me cherches où je suis ?
II
J'ai répondu : Seigneur, vous avez dit mon âme.
C'est vrai que je vous cherche et ne vous trouve pas.
Mais vous aimer ! Voyez comme je suis en bas,
Vous dont l'amour toujours monte comme la flamme.
Vous, la source de paix que toute soif réclame,
Hélas ! voyez un peu tous mes tristes combats !
Oserai-je adorer la trace de vos pas,
Sur ces genoux saignants d'un rampement infâme ?
Et pourtant je vous cherche en longs tâtonnements,
Je voudrais que vorte ombre au moins vêtitma honte,
Mais vous n'avez pas d'ombre, ô vous dont l'amour monte,
O vous, fontaine calme, amè aux seuls amants
De leur damnation, ô vous, toute lumière,
Sauf aux yeux dont un lourd baiser tient la paupière !
III
- Il faut m'aimer ! ( ... )
IV
- Seigneur, c'est trop ! Vrainment je n'ose. Aimer qui ? Vous ?
Oh ! non ! Je tremble et je n'ose. Oh ! vous aimer, je n'ose,
Je ne veux pas ! Je suis indigne. Vous la Rose
Immense des purs vents de l'Amour, ô Vous, tous
Les curs des Saints, ô Vous qui fûtes le Jaloux
D'Israël, Vous, la chaste abeille qui se pose
Sur la seule fleur d'une innocence mi-close,
Quoi, moi, pouvoir Vous aimer. Etes-vous fous ?
VII
( ... )
Approche-toi de mon oreille. Epanches-y
L'humilation d'une brave franchise.
Dis-moi tout sans un mot d'orgueilou de reprise,
Et m'offre le bouquet d'un repentir choisi.
( ... )
Et pour récompenser ton zèle en ces devoirs
Si doux qu'il sont encor d'ineffables délices.
Je te ferai goûter sur terre mes prémices,
La paix du c, l'amour d'être pauvre, et mes soirs
Mystiques, quand l'esprit s'ouvre aux calmes espoirs
Et croit boire, suivant ma promesse, au Calice
Eternel, et qu'au ciel pieux la lune glisse,
Et que sonnent les Angélus roses et noirs,
En attendant l'assomption dans ma lumière,
L'éveil sans fin dans ma chaitré coutumière,
La musique de mes louanges à jamais,
Et l'extase perpétuelle et science,
Et d'être en moi parmi l'aimable irradiance
De tes souffrances, - enfin miennes, - que j'aimais !
VIII
- Ah ! Seigneur, qu'ai-je ? Hélas ! me voici tout en larmes
D'une joie extraordinaire : votre voix
Me fait comme du bien et du mal à la fois,
Et le mal et le bien, tout a les mêmes charmes.
Je ris, je pleure, et c'est comme un appel aux armes
D'un clairon pour des champs de bataille où je vois
Des anges bleus et blancs portés sur des pavois,
Et ce clairon m'enlève en de fières alarmes.
J'ai l'extase et j'ai la terreur d'être choisi.
Je suis indigne, mais je sais votre clémence.
Ah, quel effort, mais quelle ardeur ! Et me voici
Plein d'une humble pière, encor qu'un trouble immense
Brouille l'espoir que votre voix me révéla,
Et j'aspire en treblant...
IX
- Pauvre âme, c'est cela !
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| 7. Liner Notes |
Renaud Machart (trans. by Jeremy Drake) from INA 262024 (CD notes)
... There is another pupil of Franck whose vocal music ( oratorios, operas, songs ) is completely disregarded today, and yet, Saggasse, by Charles Tournemire ( 1870 - 1939 ) is a consequential contribution to the Verlaine corpus, even if this latently cantata-like songs is unjustly neglected by performers. The titular organist of Saint Clotilde was attracted by Verlaine's mysticism in May 1908, when he had just finished his first opera, Nittetis, based on Matastasio ( 1905 - 1907 ). Though Tournrmire had composed a few songs at the age of eighteen ( subsequently destroyed ), it was only in 1896 that he returned to the genre, which he honoured with several works until 1919. During the last twenty years of his life, Tournemire wrote no more songs. As in Ernest Chausson's Poème de l'amour et de la mer ( 1882 - 1893 ) or Guy Ropertz's Intermezzo ( 1899 ), to a text by Heine, Tournemire devised a broad fresco interspersed with instrumental interludes. The tone is at times intimate, supplicatory, but the piece's rhetoric is close to that of a dramatic scene, underlaid by a piano part that is often orchestral in texture. In Sagesse, Tournemire is on the point of breaking, though without artifice, the advice that Verlaine gave in L'Art poétique ( 1882 ) : " Grasp eloquence and wring its neck "
Joël-Marie Fauquet aptly defined the singularity of the composer of L'orgue mystique : " The breadth of Charles Tournemire's production is surprising and its complexity is unsettling. For no other pupil of Cesar Franck, attached to his master's principles as Tournemire was, has appropriated for himself Debussy's or even Ravel's innovations. The assertion of intransight cathoricism, nurtured by Leon Bloy and Ernest Hello, seals the unity of his output, one that is largely unknown even today, in which the most enflamed eloquence alternates with great symbolic force and the whisperings of prayer. By basing his creative outlook systematically on the cyclical principle allied with great symbolic strength, Tournrmire would be a mere epigone were it not that he was able to impose on this formalism the imprint of an individual poetic temperament. "
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| 8. Discography |
Bernard Plantey (tn) Henriette Puig-Roget (pf) [INA 262024] |
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